DOSSIER : Le Torino de Cairo, un projet qui se noie : une tifoseria déboussolée et en colère
« J’espère que mon arrivée pourra être une raison de recréer un climat positif entre le club et les supporters » telles ont été les paroles de Moreno Longo lors de sa première conférence de presse comme entraîneur du Torino. Ces mots doux disent le fossé qui s’est creusé entre la direction, le président et les tifosi d’un Torino en crise et la nécessité de recoller les morceaux. Si le départ de Walter Mazzarri était réclamé, le malaise reste profond. Quelles sont les raisons de la colère ?
Des résultats trop pâles et un coach impuissant
Les tifosi granata rêvaient de bien mieux à mi-parcours après la jolie saison dernière. 27 points, une triste douzième place, 39 buts encaissés en 22 journées ; bref, de quoi déprimer. Après quelques matchs de tours préliminaires d’Europa League, les regards devaient se tourner vers les places européennes. Seulement, l’équipe a accumulé les contre-performances en championnat et Walter Mazzarri n’a jamais trouvé la clé sur le terrain et en dehors. En bégayant ses systèmes et en délaissant le potentiel de Bonifazi par exemple, il a montré ses limites. De plus, sa communication publique a été catastrophique. En se cachant systématiquement derrière des erreurs d’arbitrage réelles ou supposées, il a perdu beaucoup de son aura. Après l’humiliation 7-0 subie à domicile contre l’Atalanta, il dira curieusement : « Je m’excuse seulement envers les vrais tifosi« . Après avoir expliqué quelques mois plus tôt que rien ne valait un Chiellini dans son équipe, le retour de flamme s’avérait impossible…
Une gouvernance pas à la hauteur
La crise a duré tout l’hiver mais le 0-7 contre Bergamo est un tournant, un accélérateur. La curva Maratona a soutenu l’équipe jusqu’à 0-3 puis sifflets et chants hostiles ont fleuris ; dans et hors du stade. Et la cible du mécontentement n’a pas été le seul Mazzarri. Le mercato d’hiver n’a vu l’arrivée d’aucune recrue malgré les carences individuelles et les blessures. A l’arrivée, l’effectif est ultra court : seuls 18 joueurs ont été convoqués pour le déplacement à Lecce le 2 février ! Et sont partis un joueur estimé par le peuple (Iago Falque), un espoir (Parigini) alors qu’un fantôme (Zaza) hante toujours Filadelfia. L’ancien Directeur Sportif Petrachi, parti à l’AS Roma, n’est pas remplacé par Bava – homme de Cairo sans réseau. Seul Emiliano Moretti garde du crédit aux yeux des supporters dans le staff dirigeant mais c’est encore un poids-léger dans l’organigramme. Enfin, la communication du club sur les réseaux sociaux est ringarde quand elle ne se résume pas aux lénifiantes interviews de son président.
Un Président « beau parleur »
#CairoOut #Cairovattene voire #Caironavirus sont des hashtags en vogue sur twitter. Des banderoles hostiles à Urbaino Cairo avaient déjà fleuries après l’échec face à Wolverhampton. Celui qui a dit « Je veux faire comme Ferrucio Novo » – le président du Grande Torino – est la première des cibles. S’il a installé le club dans l’élite et assis sa situation financière, le Torino ne passe aucun cap sportivement. Quand Cairo se vante d’avoir mis sur la table 60 millions d’euros en deux ans, des supporters lui répondent que Commisso, le Président de la Fiorentina, en a posé 300 en moins d’un an. Une image de pingre, incapable de tracer une ligne directrice, commence à lui coller au costume. Très attachés à leur histoire, les tifosi reconnaissent le soin apporté aux commémorations annuelles de la tragédie de Superga par Cairo mais regrettent par exemple la relégation du musée en banlieue.
«Enlevez le maillot granata jusqu’à la fin du championnat», une formule qui a fait florès sur les réseaux sociaux. Les amoureux du granata veulent d’abord que leur couleur soit respectée. Claudio Sala, capitaine de l’équipe championne de 76, prévient : « Les tifosi doivent être une ressource, pas un problème« . En intégrant dans son staff Antonino Asta, joueur du club au début des années 2000, ou en rompant avec l’habitude des entrainements à huis clos, Moreno Longo montre qu’il l’a bien compris…
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